Renaissance des chansons

Dans une première vie, avant de publier des livres, j’ai été parolière et j’ai adoré cela, la brièveté des textes, l’intensité de la rencontre entre deux univers, leur fusion, et les moments de partage avec le public. Ma plus belle aventure musicale d’alors, la plus marquante, celle où la connivence était la plus forte, je la dois à Christophe Berthier, dont les compositions et la voix étaient à la fois terreau et chemin pour mes mots. Près de deux décennies plus tard, nos chansons m’apparaissent comme une première forme de mes romans à venir. D’où l’envie de les remettre au monde.
Voici la toute première.

Nouvelle parue dans l’Humanité du 15/09/15

humanousvives

Nous vives

Nous n’avons pas été sauvées.

Une poignée d’entre nous nous sommes enfuies mais nous n’avons pas été sauvées.

Nous sommes pour la plupart encore entre leurs mains.

Nous étions lycéennes. Nos têtes étaient nues. Les rebelles ont dit vous voulez vivre ou vous voulez mourir ? Si vous voulez vivre venez avec nous. Nous avons eu peur, nous avons suivi en tremblant, en mourant déjà un peu. Nous voulions vivre mais ce qu’eux veulent pour nous, est-ce que c’est vivre ? Est-ce que ne plus rien apprendre, être converties de force à leur dieu, n’exister que comme bonnes à marier dés neuf, dix, douze ans, nous considérons que c’est vivre ? Dans nos ventres, ça répondait non, c’est la mort, c’est la fin, et, à deux ou trois peut-être plus terrifiées encore que le reste d’entre nous, ou plus folles, nous avons sauté du camion qui nous emmenait vers ce qu’ils avaient décidé pour nous. Nous nous sommes blessées. Nous avons eu faim et soif. Nous nous sommes perdues. Nous avons été retrouvées mais nous n’avons pas été sauvées. Pas plus que les autres, que nous n’avons pas revues.(…)

 

Lire Nous vives en intégralité.

 

agenda 2015/2016

Le 15 septembre, publication dans l’Humanité de « Nous Vives », pour la série Lire le pays.
Le 24 septembre à 19h30, j’aurai la joie d’être libraire d’un soir à la librairie Charybde. J’y présenterai exclusivement des premiers romans (j’aime défendre les auteurs vivants et on ne peut pas faire plus vivants, ici et maintenant, que les primo-romanciers, n’est-ce pas ?).
Le 26 septembre à 18h, à la librairie La terrasse de Gutenberg, je ferai avec le pianiste et batteur Stan Grimbert​ une lecture de l’extrait publié dans la revue israélienne francophone de mon journal de Tel Aviv, « A la trace » à paraître en intégralité aux éditions Intervalles en janvier 2016.
Le 30 septembre à 19h30, nous présenterons, Pierrette Fleutiaux​ et moi, à la sgdl, la désormais rituelle soirée Premiers romans (je suis cohérente ;-)). Les 5 auteurs (Christophe Boltansky pour « La Cache », Miguel Bonnefoy pour « Le voyage d’Octavio », Eloïse Cohen de Timary​ pour « Babylone Underground », Pierre Deram pour « Djibouti », Christophe Manon​ pour « Extrêmes et lumineux ») participeront à une table ronde animée par notre talentueux complice Pascal Thuot​.
Du 1er octobre au 28 novembre, je serai en résidence à Angers. Le programme est dense, je le repréciserai, mais il y aura notamment le 13 novembre à 19h aux Trois-Mâts une lecture concert de Feu pour feu avec Titi Robin à la guitare et au bouzouq.
Le 20 novembre à 18h30, je serai reçue à la médiathèque de Bourges autour de Feu pour feu, élu par le club de lecture en 2015.
Le 21 novembre, je serai à la librairie Les chemins du livre à Saint Amand en compagnie de Nancy Huston, Cécile Coulon et Marie Sizun.
En novembre toujours, parution dans la revue Harfang d’un entretien et d’une dizaine de textes de chansons.
Le 18 janvier, parution  de « A la trace » aux éditions Intervalles.

« Chez eux » reparaît en Babel le 11 mars

les nouveaux habits de "Chez eux"

Babel

Carole Zalberg

Chez eux

Roman

Ce récit sobre et tendre raconte près de deux ans de la vie d’une fillette juive venue de Pologne en France avec sa famille et confiée seule à des fermiers de Haute-Loire. Un monument de pudeur dressé à la mémoire des enfants cachés de la Seconde Guerre mondiale et de ceux qui les ont aidés malgré les risques.

Elle a grandi dans une belle maison, bien au chaud dans la bulle d’amour qu’entretenaient ses parents, sa grande sœur et la famille élargie. Mais en cette année 1938 la vie de la petite Anna Wajimsky, juive polonaise de six ans, bascule irrémédiablement : il faut d’abord quitter la Pologne, partir se réfugier en France. Et comme bientôt cela ne suffit pas, il faut se séparer, s’arracher à la famille. Anna est alors confiée à un couple de fermiers de Haute-Loire. Elle qui a grandi dans la dentelle et l’affection découvre la rudesse de cette vie à la campagne, la présence bourrue des époux Poulange qui lui adressent à peine la parole, la langue française désormais indispensable qui semble lui résister. Dans ce quotidien difficile, un rayon de soleil : l’institutrice du village qui fera tout son possible pour qu’Anna prépare son avenir, quoi qu’il arrive.

De jour en jour, de semaine en semaine, Anna la petite fleur coupée apprend à survivre loin de ses racines, à braver les tempêtes pour tenter de s’épanouir envers et contre tout. En découvrant la solitude elle acquiert l’autonomie, en apprenant la peur elle cultive l’espoir. Elle quitte l’enfance sans s’en apercevoir, sans imaginer que rien ne sera plus jamais comme avant.

Inspiré par l’histoire de la propre mère de Carole Zalberg, ce récit sobre et tendre dresse un monument de pudeur aux enfants cachés de la Seconde Guerre mondiale et à tous ceux qui, en dépit des risques, leur ont porté secours comme ils le pouvaient, au nom de la dignité et de la solidarité humaines.

Extraits de presse

“Carole Zalberg raconte un fragment de la vie d’Anna – figure de sa propre mère – sans pathos ni fioriture, à l’image de la vie de ces milliers d’enfants un jour arrachés à leur famille, à leur pays et finalement à eux-mêmes.” Sophie Dulin (librairie L’Arbre du voyageur, Paris 5e), Page des libraires

“Un roman digne, aux accents réalistes, qui touche par sa justesse et son ton volontairement sobre sur une enfance brisée, anéantie par l’Histoire.” Éliane Girard, Femme actuelle

“Un récit où les mots nous bouleversent. (…) Nécessaire.” David Foenkinos, Muteen

“Sobriété et sensibilité.” Yannick Pelletier, Ouest-France

“Sous cette écriture aux abords non tranchants, qui coule facilement d’une ligne à l’autre sans jamais changer de mine ni casser son souffle, les passionnés d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale comme ceux qui n’ont fait que la frôler trouveront là, étroitement mêlée à l’intime d’un superbe et juste travail de reconstitution, une émotion tout droit sortie du générationnel d’aujourd’hui.” Alexandre Charlyn, Le Mague

“Une écriture sobre et retenue.” Côté femme

“Le style est étonnamment gracile, tout en harmonie et en sensibilité. (…) Un formidable témoignage, empreint de douleur, bardé de pudeur.” Liberté dimanche

“Très beau livre de Carole Zalberg, très émouvant.” Patrick Poivre d’Arvor, Place au livre (lci)

L’auteur

Née en 1965, Carole Zalberg vit à Paris. Romancière et poète, elle a notamment publié L’Invention du désir (Éditions du Chemin de fer, 2010), À défaut d’Amérique (Actes Sud, 2012, prix du Roman métis des lycéens ; Babel n° 1161), Mort et vie de Lili Riviera (Babel n° 1222) et Feu pour feu (Actes Sud, 2014, prix Littérature Monde).